La sédentarité, un défi colossal pour le monde universitaire.

Etude de cas de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Par Martin RICHER DELFORGE

Comment lutter contre les comportements sédentaires dans le monde universitaire ?

Alors que la sédentarité est la quatrième cause de décès prématuré dans le monde après le tabac, l’alcool et les facteurs nutritionnels, elle touche particulièrement la communauté étudiante.

Dans cette note, nous revenons sur les enjeux de santé publique liés à la sédentarité et proposons des mesures afin de promouvoir une université plus active en prenant le cas de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. 

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Méthodologie d’enquête

Le questionnaire créé conjointement par l’association Cercle du Sport de la Sorbonne et le Syndicat Alternatif de Paris 1 a été diffusé auprès de l’ensemble de la communauté étudiante de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Nombre de réponses : 679

Profil des étudiant.e.s :

Genre
- 65,1% « femme »
- 32,8% « homme »
- 2,1% « autre »

Durée d’habitation à Paris
- 57,7% « depuis plus de 3 ans »
- 23,7% « entre 1 et 3 ans »
- 18,6% « moins d’1 an »

Logement
- 47,1% « en famille »
- 34,8% « seul.e »
- 14,9% « en colocation »
- 3,2% « autre »

Boursier.e
- 66,7% « boursier.e »
- 33,3% « non boursier.e »

Le questionnaire a été construit en six étapes :

1/ Profil de l’étudiant.e
2/ Pratique sportive et sédentarité
3/ Mode de transport
4/ Santé physique et mentale
5/ Quotidien à l’Université
6/ Propositions

Introduction

Méconnue, la sédentarité est l’un des principaux enjeux sanitaires de notre époque. C’est le « tabac du XXIe siècle » selon Paquito Bernard, professeur du département des sciences de l’activité physique de l’Université du Québec à Montréal. Cette « addiction à la chaise » est un véritable enjeu de société puisqu’elle est la quatrième cause de décès prématuré, après le tabac, l’alcool et les facteurs nutritionnels.

Alors que Paris, et plus généralement la France, accueillent les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, les enjeux de santé publique liés à la sédentarité doivent être une priorité pour toutes et tous, sur tout le territoire. L’accueil du plus grand évènement sportif et parasportif au monde est une occasion hors pair de promouvoir une restructuration profonde de nos modes de vie. Cette ambition s’inscrit parfaitement dans le cadre de l’héritage immatériel souhaité par le Comité d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, défini comme le « potentiel à renforcer, sur le territoire hôte, la cohésion sociale et la citoyenneté, à générer de l’éducation, à développer l’activité physique pour tou.te.s, à valoriser le territoire et créer des passerelles entre le sport et d’autres champs de l’action publique ».

Depuis plusieurs années, des professionnel.le.s de santé, des personnalités politiques et le monde universitaire tirent la sonnette d’alarme afin de promouvoir des modes de vie plus actifs pour contrer efficacement cette épidémie se propageant toujours davantage dans notre société. C’est le cas de Régis Juanico qui a publié son dernier ouvrage, Bougeons ! Manifeste pour des modes de vie plus actifs, fin août 2023. Ancien député de la première circonscription de la Loire et expert en politique publique sportive, Régis Juanico revient dans ce manifeste sur les dangers de l’évolution de nos modes de vie de moins en moins actifs. Au-delà de lancer l’alerte, ce dernier formule des propositions concrètes afin de modifier efficacement nos comportements. Alarmiste et inspirant, cet ouvrage a encouragé la rédaction de cette note et motivé un approfondissement de la question de la sédentarité au sein de la communauté étudiante.

Depuis l’annonce de l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques à Paris en 2024, le sport a été replacé au cœur du débat public et des politiques publiques. Cela a permis la mise en place de politiques volontaristes telles que la Stratégie nationale sport-santé lancée en 2019, puis la mise en place du programme « 30 minutes d’activité physique quotidienne » en 2020, généralisé à toutes les écoles du pays depuis 2022. Un autre dispositif expérimental « 2 heures de sport au collège » a vu le jour dans près de 700 collèges à la rentrée 2023 afin de promouvoir l’activité sportive sur le temps périscolaire. Ainsi, des réponses aux enjeux de sédentarité commencent à être apportées, particulièrement chez les plus jeunes en ciblant les publics scolaires. Cependant, l’ambition politique de construire une nation sportive comme héritage de Paris 2024 passe également par des actions du monde universitaire à destination de la communauté étudiante, particulièrement sujette à la sédentarité.

Au cours de cette note, la focale est portée sur un diagnostic de la sédentarité au sein de la communauté étudiante en prenant le cas de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, suivi d’une série de propositions inspirées d’études et d’ouvrages scientifiques.

Diagnostic

Diagnostic

La sédentarité, identification d’une urgence

La sédentarité est à ne pas confondre avec l’inactivité physique, qui se définit comme un niveau d’activité physique inférieur au seuil recommandé. C’est ce qu’explique l’ONAPS dans son rapport d’activité de 2022. Nous pouvons ainsi être à la fois sédentaires et actif.ve.s sportivement. En effet, quatre individus types peuvent être différenciés en fonction de leur mode de vie. Ces quatre personnalités types sont classées en fonction de deux variables : leur pratique d’une activité physique et leur comportement sédentarisé.

Ainsi, la sédentarité ne se définit pas comme le manque d’activité physique et sportive, puisque l’on peut être à la fois sédentaire et actif.ve. On définit plutôt la sédentarité comme une « situation d’éveil caractérisée par une faible dépense énergétique en position assise ou allongée ». Selon l’ONAPS, une personne est sédentaire au-delà de sept heures passées assis.e ou allongé.e en situation d’éveil. Lorsque l’on prend en compte ces critères, ce ne sont pas moins de 40% des adultes français.es qui sont considéré.e.s sédentaires.

Ces modes de vie consistant à rester en position assise ou allongée de manière prolongée lors des situations d’éveil ont des conséquences. Il y a en effet un lien de causalité puissant entre ce type de mode de vie et la multiplication du taux d’obésité par quatre chez les 18-24 ans entre 1997 et 2020. Par ailleurs, la sédentarité participe à l’augmentation de la mortalité liée aux maladies cardio-vasculaires, au cancer et au diabète. Ce mode de vie a également un impact sur la santé mentale, puisqu’elle est un facteur de développement de troubles du sommeil et favorise la dépression et l’anxiété.

Parmi les réponses à l’épidémie de sédentarité se trouve la promotion de l’activité physique et sportive régulière ainsi que la promotion des mobilités actives.

Les bienfaits de l’activité physique et sportive

L’activité physique est le principal levier de lutte contre la sédentarité. Souvent confondue avec l’activité sportive, l’activité physique se définit comme l’ensemble des mouvements du corps produits par les muscles, entraînant une dépense d’énergie supérieure à celle qui est dépensée au repos. Ainsi, l’activité physique comprend à la fois la pratique sportive qui est associée à un objectif de résultat, mais aussi les activités de la vie quotidienne telles que la marche, les vélo et les activités domestiques.

L’activité physique, facteur d’amélioration de la santé physique

Parmi les bienfaits reconnus aux activités physiques, on retrouve : l’amélioration de la condition physique, de la santé osseuse et des capacités cognitives, mais aussi une réduction de la mortalité (toutes causes confondues), notamment une diminution moyenne du risque de développer une maladie chronique de 30%.

La promotion de l’activité physique passe notamment par le développement de mobilités plus actives. Ainsi, délaisser la voiture et les transports en commun pour la marche ou le vélo ne serait pas uniquement utile dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais également pour notre santé. Alors que la mobilité douce désigne des déplacements non-motorisés, la mobilité active se définit comme toutes les formes de déplacements qui intègrent une dépense énergétique par le biais d’un effort musculaire. Elle regroupe donc des déplacements comme la marche, le vélo ou encore la trottinette. Les bénéfices des mobilités actives sont considérables puisque la pratique hebdomadaire de 1h40 de vélo ou 2h50 de marche réduit le risque de décès toutes causes confondues de 10%.

Dans son ouvrage, Régis Juanico alarme notamment sur le fait que la moitié des français.e.s habitant à moins d’un kilomètre de leur lieu de travail prennent tout de même un véhicule motorisé alors qu’il faudrait seulement trois minutes en vélo et dix minutes à pied. Cette statistique démontre le travail de sensibilisation et d’aménagement urbain à accomplir afin de développer et d’encourager les mobilités actives.

L’activité physique permet donc de contrer en partie les effets et dommages physiques provoqués par le temps passé assis.e ou allongé.e en situation d’éveil, mais est également associée à une amélioration de la santé mentale.

L’activité physique, levier pour une meilleure santé mentale

En France, la dépression affecte environ trois millions de personnes. La Haute Autorité de la Santé la définit comme « un trouble de l’humeur persistant dans le temps, dont l’expression clinique est caractérisée par une tristesse et/ou une perte d’intérêt et de plaisir, associées à d’autres symptômes ». Un des facteurs importants du développement des troubles dépressifs et de l’anxiété n’est autre que le mode de vie sédentaire. C’est en effet ce que démontre en 2019 la Haute Autorité de la Santé, décrivant une « relation bidirectionnelle » entre sédentarité et symptômes dépressifs car : « les symptômes dépressifs augmentent le risque d’adopter un mode de vie sédentaire et physiquement inactif, et plus les symptômes dépressifs sont sévères, plus l’inactivité physique est marquée ». Ainsi, la sédentarité n’affecte pas uniquement notre santé physique, elle est aussi un enjeu pour notre santé mentale.

De nouveau, un lien est établi entre l’activité physique et l’amélioration de la santé mentale. Les activités physiques sont, de nouveau, des leviers importants car elles permettent la distraction des pensées négatives, favorisent l’estime de soi ainsi que la sortie d’une situation d’isolement. Si l’on suit également les théories neurobiochimiques, les activités physiques augmentent la sécrétion des neurotransmetteurs, tels que la sérotonine, la dopamine et les endorphines, soit les hormones du bonheur et du plaisir.

De fait, la sédentarité est à l’origine d’un déclin de notre santé physique et mentale, c’est pourquoi la promotion de modes de vie plus actifs est essentielle afin de lutter contre cette dégradation.

Les étudiant.e.s, particulièrement en proie à la sédentarité

L’entrée dans les études, moment charnière dans la sédentarité

En janvier 2023, l’ONAPS et l’ANESTAPS ont publié une enquête relative à la pratique d’activités physiques et sportives à l’université, notant que « l’entrée dans l’enseignement supérieur constitue toujours un point de rupture majeur à la pratique sportive chez les jeunes » rappelle Timothée Brun ancien président de l’ANESTAPS .

Cette enquête permet de dresser un état des lieux préoccupant des comportements sédentaires étudiants et de leurs causes. En moyenne, les étudiant.e.s ont un comportement sédentaire environ huit heures par jour de cours. Ce sont près de 75,37% des étudiant.e.s de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne qui ont répondu au sondage réalisé pour cette note qui affirment rester plus de sept heures assis.e.s ou allongé.e.s en éveil, dont 39,83% qui affirment avoir un comportement sédentaire de dix heures ou plus par jour lors du temps d’éveil.

Par ailleurs, cette enquête sur la communauté étudiante de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne permet de constater une rupture en matière d’activité physique et sportive entre l’adolescence et l’entrée dans la vie étudiante. En effet, 92,8% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment avoir pratiqué une activité sportive pendant l’enfance ou l’adolescence, et 75,8% d’entre elleux affirment en avoir pratiqué plus de deux fois par semaine. Aujourd’hui, seul.e.s 70,4% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment pratiquer une activité sportive, un écart considérable de 22,4%. Ces chiffres permettent de mesurer l’urgence de s’emparer de ce sujet au plus vite en luttant contre les éléments stimulant la sédentarité.

Les causes de la sédentarité étudiante

De nombreux facteurs (qui s’additionnent souvent) permettent de mieux appréhender les causes de cette “épidémie de sédentarité” et de manque d’activité sportive chez les étudiant.e.s. La rupture avec le mode de vie familial, l’indépendance et le manque de cadre sont autant d’éléments influençant la structuration d’un nouveau mode de vie et de nouvelles routines. Néanmoins, trois causes principales ont été identifiées : le manque de temps, le manque de moyens financiers et le manque d’infrastructures sportives.

Le manque de temps est le frein à la pratique d’activité physique ou sportive le plus fréquemment cité chez les étudiant.e.s. En effet, 82,3% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment que le manque de temps est un frein dans leur accès à la pratique sportive. Les étudiant.e.s ont des horaires de cours variables en fonction des semaines, de leurs options et des travaux personnels à réaliser à la maison, qui passent souvent avant la pratique d’une activité physique. Souvent, les créneaux et horaires des enseignements sportifs reliés à l’Université mais également les clubs à proximité ne correspondent pas à leurs emplois du temps. Cela explique ce manque de pratique sportive mais également la manière de pratiquer le sport, puisque la plupart pratiquent un sport de manière isolée (course, salle de sport…), ce qui participe au manque de liens sociaux ressenti par cette population.

Les deux autres freins à la pratique sportive chez les étudiant.e.s de l’Université Paris 1 sont le manque de moyens et d’infrastructures de proximité ou leur méconnaissance. En effet, 39,7% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment que la raison financière est un frein à leur accès à la pratique sportive et 17,8% d’entre elleux mettent en avant le manque d’infrastructures sportives.

En dehors de ces freins logistiques et matériels, l’ONAPS et l’ANESTAPS montrent également qu’il est difficile de convaincre les étudiant.e.s des bienfaits à long terme d’une activité physique car, à leur âge, l’échéance semble lointaine.

La crise sanitaire, catalyseur des comportements sédentaires chez les étudiant.e.s

La pandémie de COVID-19 a été un vecteur important de l’épidémie de sédentarité et de troubles dépressifs chez les étudiant.e.s. Lors des confinements, les étudiant.e.s ont particulièrement été touché.e.s par les enseignements à distance et par l’influence du télétravail, qui s’est pérennisé dans nos modes de vie. Le télétravail réduit les trajets entre le lieu de travail et le domicile, alors même que ces derniers participent à rompre les comportements sédentaires. En effet, plus il y a de jours de télétravail, plus le temps alloué à une activité physique est faible.

La pandémie a particulièrement joué sur les temps de sédentarité des étudiant.e.s et sur le temps passé par ces dernier.e.s devant les écrans. Selon l’ONAPS, la durée de pratique d’une activité physique a diminué pour 54,1% des étudiant.e.s.

Enfin, l’impact du COVID-19 s’est également fait ressentir sur la santé mentale des étudiant.e.s, dont la sédentarité est un facteur important. En effet, ce sont 47,3% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête qui affirment avoir connu des épisodes dépressifs depuis leur arrivée à l’Université.

Ces données nous permettent d’apprécier l’ampleur de la sédentarité chez les étudiant.e.s. Néanmoins, il reste à souligner que certaines disciplines universitaires sont davantage touchées que d’autres.

Les étudiant.e.s en sciences sociales, particulièrement sédentaires

Les étudiant.e.s en sciences sociales adoptent davantage des comportements sédentaires, notamment en raison de leurs conditions d’études. Celles-ci les poussent à passer significativement plus de temps assis en cours ou en bibliothèque devant leurs écrans que les étudiant.e.s suivant d’autres cursus. En effet, selon l’ONAPS et l’ANESTAPS, si le temps moyen passé par les étudiant.e.s devant les écrans les jours de cours est de cinq heures en moyenne, il est bien plus élevé pour les étudiant.e.s en droit et en science politique. Ces étudiant.e.s passent une heure et demie de plus par jour devant les écrans. Cette donnée constitue l’une des clés de compréhension de la propagation des comportements sédentaires au sein de la communauté étudiante de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, dont les disciplines se rapportent très majoritairement aux sciences humaines et sociales.

Une fois que l’on a dressé ce constat d’une communauté étudiante particulièrement touchée par les comportements sédentaires, le manque d’activité physique et une dégradation de la santé mentale, il convient de se pencher sur les axes d’amélioration possibles pour le monde universitaire, afin d’encourager les étudiant.e.s à adopter des modes de vie plus actifs.

Propositions

Propositions

Propositions pour une université plus active

Pour une meilleure sensibilisation des étudiant.e.s 

Réaliser une campagne de sensibilisation pour les étudiant.e.s

La priorité avant d’activer des leviers ayant pour objectif de modifier les modes de vie des étudiant.e.s de l’Université est que cette population soit informée des risques de la sédentarité, tant pour leur santé mentale que pour leur santé physique physique.

En effet, l’urgence de santé publique liée à la sédentarité est méconnue. Selon l’ONAPS et l’ANESTAPS, les étudiant.e.s ne se considèrent pas suffisamment sensibilisés à l’activité physique et à la sédentarité par leur université. Ces étudiant.e.s sont plus sédentaires et passent plus de temps devant les écrans, si on les compare à celleux qui considèrent être sensibilisés. C’est notamment une demande des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête sur l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Témoignages anonymes
« Plus de prévention, pour que ça soit plus visible au yeux des étudiants. »
« Des campagnes de sensibilisation au sport : ce que ça apporte et pourquoi c'est bien d'y consacrer du temps, même à faible intensité. »

Recommandation : organisation d’une sensibilisation annuelle aux enjeux de la sédentarité et aux bénéfices de la pratique d’une activité physique.

Pour un environnement d’étude plus actif

Sanctuariser une pause de dix minutes toutes les heures dans les cours magistraux

Cette résolution est aussi importante que facilement réalisable. En effet, déjà répandue implicitement, les pauses actives toutes les heures lors des enseignements d’une durée supérieure à une heure et demie doivent être sanctuarisées. En effet, une étude de l’Université de Columbia a établi que cinq minutes de marche toutes les demi-heures serait la fréquence qui permettrait le plus d’atténuer les effets du temps passé assis.e.

Nous avons constaté que 30,8% des étudiant.e.s ayant répondu à notre enquête affirment ne pas avoir de pause dans la majorité de leurs cours magistraux. Ce sont 90,1% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête qui sont favorables à cette proposition.

Recommandation : sanctuariser une pause de dix minutes toutes les heures lors des enseignements excédant une heure et demie , afin de prévenir des risques des effets de la sédentarité et d’améliorer les conditions d’études.

Installer des casiers en libre-service

Cette proposition vise à permettre aux étudiant.e.s souhaitant pratiquer une activité physique externe (course, marche rapide, cyclisme), de déposer leurs affaires dans un centre universitaire pendant la durée de leur activité. En effet, l’ONAPS et l’ANESTAPS soulignent que la pratique d’une activité physique en autonomie sur les campus est contraignante en raison du manque d’équipements.

Témoignage anonyme : « Proposer des casiers pour poser ses affaires de sport ; vestiaires, douches pour faire du sport pendant les heures de pause ou pour pouvoir venir en courant par exemple »

Recommandation : installation de casiers individuels dans les centres universitaires afin de favoriser la pratique d’activités sportives et les mobilités actives.

Favoriser l’utilisation des escaliers

Favoriser l’utilisation des escaliers permet d’améliorer la condition physique des étudiant.e.s. En effet, la montée régulière d’escaliers est associée à une amélioration des facteurs de risques de maladies cardio-vasculaires et de la condition physique des étudiant.e.s. Dans une étude de 2014, Ryan Ruff, professeur associé en épidémiologie à la New York University, constate une plus grande utilisation des escaliers lorsqu’ils sont accessibles et bien éclairés. Surtout, il constate une utilisation trente trois fois plus importante des escaliers ouverts que des escaliers fermés avec une porte coupe-feu .

Notre enquête révèle que 51,5% des étudiant.e.s de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne utiliseraient davantage les escaliers s’ils étaient mieux éclairés et repeints. À ce propos, 66,3% des étudiant.e.s ayant répondu au questionnaire sont favorables à une rénovation des escaliers du centre Pierre Mendès-France et à l’installation d’une signalétique au sol afin d’indiquer où se trouvent les escaliers.

Recommandation : visibiliser par des signalétiques au sol les escaliers dans le centre Pierre Mendès-France, les repeindre et mieux les éclairer. Dans la limite des réglementations sécurité incendies, favoriser les escaliers ouverts dans le Centre Pierre Mendès-France.

La promotion de la mobilité active

Alors que la pratique hebdomadaire de 1h40 de vélo réduit le risque de décès toutes causes confondues de 10%, favoriser le développement de cette mobilité active pour lutter contre la sédentarité des étudiant.e.s est nécessaire.

Installation de garages à vélo

Les conditions matérielles peuvent être un frein au développement de la mobilité active. En effet, 53% des français.e.s seraient prêt.e.s à se déplacer en vélo si les conditions matérielles le permettaient. Ce sont 46,8% des étudiant.e.s ayant répondu au questionnaire qui affirment qu’ils utiliseraient davantage le vélo pour leurs trajets domicile-université si des garages étaient disponibles au sein des centres d’études.

Par ailleurs, 89,8% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête sont favorables à l’idée de développer un campus actif, notamment par l’installation de garages au sein des centres.

Recommandation : installer des garages à vélo au sein des centres universitaires qui le permettent, afin de favoriser la mobilité active des étudiant.e.s.

Création d’un dispositif d’aide à l’achat d’un vélo pour les étudiant.e.s dans le besoin

Le coût immédiat d’un vélo peut aussi être un frein au développement des mobilités actives chez les étudiant.e.s. En effet, 35,5% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment que le coût d’un vélo est un frein à leur utilisation de ce mode de transport.

Recommandation : créer un dispositif d’aide au sein de l’Université pour les étudiant.e.s dans le besoin afin de favoriser leur pratique du vélo.

Favoriser l’accès à la pratique sportive des étudiant.e.s

Création d’un guide des infrastructures sportives à proximité des centres d’études

Les bienfaits des activités physiques et sportives sur la santé physique et mentale des étudiant.e.s ne sont plus à prouver. La méconnaissance de la localisation des infrastructures sportives de proximité par les étudiant.e.s participe au développement de l’inactivité physique ainsi qu’au développement d’un mode de vie sédentaire.

Témoignage anonyme : « Pour encourager l'activité physique en dehors du campus, il faudrait peut-être informer plus sur les clubs de sport qui existent à proximité des campus de la fac pour donner l'idée à des étudiant.e.s de s'y inscrire s'ils n'ont pas de clubs à côté de chez eux. »

Recommandation : création d’un guide sensibilisant aux enjeux de la sédentarité et comprenant une cartographie des infrastructures sportives à proximité des centres universitaires en différenciant les infrastructures gratuites et les clubs / salles de sports payantes.

Installer des infrastructures sportives au sein des centres universitaires

Le manque d’infrastructures sportives de proximité est un facteur de développement des comportements sédentaires. En s’inspirant du concept de « campus actif », il pourrait être intéressant d’installer des infrastructures sportives gratuites au sein des centres universitaires, telles que des stades extérieurs ou des aires de fitness.

Ce sont 89,8% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête qui sont favorables au développement de tels dispositifs.

Recommandation : installer des infrastructures sportives gratuites dans les centres universitaires le permettant, afin de favoriser les activités physiques et sportives et lutter contre les effets des modes de vie sédentaires.

Ajouter des créneaux d’enseignements sportifs sur la plateforme Reservasport

La plateforme Reservasport permet aux étudiant.e.s de pratiquer gratuitement une activité sportive encadrée par un enseignant à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Développer et augmenter le nombre de créneaux disponibles permettrait démocratiser la pratique sportive pour les étudiant.e.s de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

En effet, 77,1% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête affirment que leur emploi du temps est un frein à leur inscription sur la plateforme Reservasport.

Témoignage anonyme : « Proposer plus de créneaux pour convenir aux différents emplois du temps. »

Recommandation : Augmenter le nombre de créneaux sur la plateforme Reservasport afin de permettre au plus grand nombre d’étudiant.e.s d’accéder à une pratique sportive gratuite.

Sanctuariser l’activité sportive au sein de l’emploi du temps des étudiant.e.s en licence

Selon l’enquête de l’ONAPS et de l’ANESTAPS, au fur et à mesure de l’avancée dans les études, les étudiant.e.s augmentent leur temps d’activité physique hebdomadaire. Les publics les plus ciblés par le décrochage sportif et l’inactivité physique sont donc les étudiant.e.s entrant à l’Université. Ainsi, valoriser la pratique sportive chez les étudiant.e.s de licence, davantage touché.e.s par l’inactivité physique, est un levier important à activer afin de favoriser des modes de vie plus actifs. Surtout, l’activité physique est reconnue pour accroître les capacités cognitives et de concentration des individus, des atouts indéniables dans la réussite d’un parcours universitaire.

Ce sont 81% des étudiant.e.s ayant répondu à l’enquête qui sont favorables à l’ajout d’un créneau dédié à un enseignement sportif dans l’emploi du temps selon le niveau d’étude.

Recommandation : instaurer un créneau dédié à la pratique sportive chez les étudiant.e.s de licence afin de lutter contre le décrochage de la pratique sportive.

Bibliographie

Ouvrages et articles scientifiques :

COLLECTIF, “Lutter contre la sédentarité”, Sport et Citoyenneté, n°48, 2020.

COLLINET Cécile, SCHUT Pierre-Olaf, “L’Héritage social des Jeux Olympiques”, Mouvement Sport Sciences, n°107, 24 avril 2020, pp.1-2. https://www.mov-sport-sciences.org/articles/sm/full_html/2020/01/sm200005s/sm200005s.html (consulté le 12 octobre 2023)

JUANICO Régis, Bougeons ! Manifeste pour des modes de vie plus actifs, La Tour d’Aigues, Editions de l’Aube, “Les Livres”, 2023, 150p.

Rapports, recommandations et expertises :

Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail, Expertise : Manque d’activité physique et excès de sédentarité : une priorité de santé publique, 15 février 2022, https://www.anses.fr/fr/content/manque-d%E2%80%99activit%C3%A9-physique-et-exc%C3%A8s-de-s%C3%A9dentarit%C3%A9-une-priorit%C3%A9-de-sant%C3%A9-publique

Cercle du Sport de la Sorbonne, Syndicat Alternatif de Paris 1, Enquête : le sport à l’Université, 2023.

Direction Générale de la Santé, Activité physique et santé, mis à jour le 09 mai 2023, https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/preserver-sa-sante/article/activite-physique-et-sante#:~:text=La%20s%C3%A9dentarit%C3%A9%20est%20d%C3%A9finie%20par,effets%20propres%20sur%20la%20sant%C3%A9 (consulté le 14 octobre 2023 )

Haute Autorité de la Santé, Prescription d’activité physique et sportive - Dépression, 2019, 5p. www.has-sante.fr (consulté le 13 octobre 2023)

Ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse, 30 minutes d’activité physique quotidienne dans toutes les écoles, mis à jour le 30 septembre 2023, https://www.education.gouv.fr/30-minutes-d-activite-physique-quotidienne-dans-toutes-les-ecoles-344379 (consulté le 12 octobre 2023)

Ministère des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques, 2 heures de sport en plus au collège, 2023, https://www.sports.gouv.fr/2-heures-de-sport-en-plus-au-college-1988 (consulté le 12 octobre 2023)

Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité, Rapport d’activité 2022, 2022, www.onaps.fr (consulté le 14 octobre 2023 )

Observatoire National de l’Activité Physique et de la Sédentarité, Pratique d’activités physiques et sportives et sédentarité chez les étudiants en formations universitaires en France – Résultats d’une enquête nationale, 2023, 33p. www.onaps.fr (consulté le 13 octobre 2023)

Santé Publique France, Sédentarité au travail : des interventions efficaces existent pour améliorer la santé des salariés, 12 juillet 2023, https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2023/sedentarite-au-travail-des-interventions-efficaces-existent-pour-ameliorer-la-sante-des-salaries#:~:text=La%20s%C3%A9dentarit%C3%A9%20entra%C3%AEne%20ainsi%20une,et%20les%20troubles%20musculo-squelettiques (consulté le 12 octobre 2023 )

Article de presse :

RIGOT Clémentine, “Dépression, pensées suicidaires … La santé mentale des étudiants en chute depuis la crise sanitaire”, L’Etudiant, 27 avril 2023, https://www.letudiant.fr/lifestyle/Sante-mutuelle-et-assurance/depression-pensees-suicidaires-la-sante-mentale-des-etudiants-en-chute-depuis-la-crise-sanitaire.html (consulté le 15 octobre 2023 )

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